Jeudi 2 août 2007 4 02 /08 /2007 16:24

"Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi."

Frank Herbert Dune

~o0O0o~

« Décidément, j’ai vraiment la poisse. »

Premier jour de cours à l’université de Poudlard, Ecosse.

Harry Potter, nouvel élève en section littérature, regarda autour de lui avec angoisse. Partout, des couloirs, et encore des couloirs, tous identiques. Des murs blancs, hauts, garnis de portes en bois à intervalles réguliers, les fenêtres trop hautes pour qu’il puisse regarder à l’extérieur. 

Un soleil de début d’automne teintait d’or l’atmosphère silencieuse de l’établissement. Nulle part d’indications quant à l’endroit précis où il se trouvait.

« Tout ça parce que je n’ai pas pu m’empêcher de terminer ce livre »

A force de trop s’attarder dans sa salle de cours, il n’y avait maintenant plus personne dans tout l’établissement, et il était irrémédiablement paumé. Serrant davantage ses livres contre lui, Harry reprit sa course sans but. Il avait l’impression de se trouver au milieu d’un labyrinthe.

Brusquement, au bout d’un couloir, Le jeune homme aperçut la rambarde d’un escalier en colimaçon.

« Sauvé ! »

Il se souvenait plus ou moins de cet escalier. Lors de la visite éclair de ce matin, son professeur responsable leur avait fait parcourir des kilomètres de couloirs au pas de course. Cet escalier, s’il avait bonne mémoire, aboutissait au rez-de-chaussée sur la cour intérieure. Il suffisait alors de traverser un hall pour sortir enfin de l’université. Inconsciemment, Harry accéléra le pas. Mauvaise idée.

Son pied glissa sur une fissure du sol, l’inclinant vers l’avant. Le poids conjugué de ses livres et de son sac à dos bourré à craquer l’amena doucement mais sûrement à la chute. Le jeune homme vit presque au ralenti le sol se rapprocher de ses yeux.

« Ahouch ! »

Trou noir.

 

Harry ouvrit lentement les yeux, et ne vit qu’un brouillard flou. Il se redressa doucement, son front lui faisait mal, il y porta la main pour la retirer aussitôt. Du sang sur ses doigts. Et m***, comment est-ce qu’il avait pu se blesser comme ça ? En plus il ne voyait plus rien, il tâtonna à la recherche de ses lunettes, et trouva un bout sur sa gauche et un autre sur sa droite.

Re-m***.

Le jeune homme brun se releva en tremblant, tout était confus dans sa tête et autour de lui. Il fallait qu’il sorte d’ici, la panique commençait à l’envahir. Il ne supportait pas de ne rien voir et l’impression d’être enfermé était de plus en plus forte. Il se dirigea en vacillant vers l’escalier en colimaçon. Sa tête le faisait de plus en plus souffrir et il ferma les yeux à la vue de la raideur des marches.

Il mit un pied sur la première, tenta de poser le deuxième, rata son coup. Terrifié, il se raccrocha désespérément à la rampe. Ça n’était pas possible, il allait basculer dans le vide.

Il resta là, les doigts crispés sur la rambarde. Les larmes menaçaient de couler bientôt.

« Pourquoi est-ce qu’il m’arrive tout le temps ce genre de choses à la fin ? »

Harry se laissa glisser le long du mur, s’éloignant le plus possible du vide. Au moment où il allait toucher le sol, il sentit qu’on lui empoignait l’épaule. Il ne put se retenir de pousser un cri lorsqu’il fut forcé de lâcher sa prise. Mais un bras rassurant s’enroula autour de sa taille, le soutenant fermement.

La traversée de l’escalier commença. Harry était terrifié, et éperdu de reconnaissance pour son sauveur. Car oui, pas de doutes à avoir, même s’il n’osait même pas détourner les yeux de ses pieds pour lui jeter un coup d’œil, les bras forts qui le soutenaient et ce parfum profond ne pouvaient appartenir qu’à un homme. Peut-être même avait-il son âge ? En tout cas il était bien plus grand que lui.

Les étages se succédaient, Harry en avait la tête qui tournait. Lorsqu’enfin ses pieds touchèrent un sol ferme, son soulagement fut inexprimable. Il se laissa complètement aller contre l’autre garçon qui dut presque le porter dehors.

 

Harry ouvrit les yeux. Il était allongé sur l’herbe devant l’université déserte. Le soleil dardait ses derniers rayons sur lui, ce qui lui permit de distinguer le visage à quelques centimètres de lui. Un beau visage, impossible de le nier. Une peau pâle et sans défaut, la mâchoire un peu pointue, mais sans rien de féminin, les yeux gris magnifiques qui le fixaient avec calme.

« - ça y est, tu te réveilles ?

-          hein ? 

-          Et bien, tu es resté environ deux minutes dans les vapes. Je commençais à m’inquiéter. 

-          Oh. »

 

Harry continuait à fixer le visage au dessus de lui, alors que ses pommettes prenaient une adorable couleur rosée.

« - Désolé.

-          Mais ce n’est rien, tout le plaisir était pour moi. »

 

Le visage consentit enfin à se reculer, devenant de plus en plus flou avant de disparaître. Harry resta bêtement sur le dos, jusqu’à ce que le bruit d’un briquet que l’on allume le fasse sortir de son hébétude. Il se redressa, localisant une forme vague aux cheveux blonds.

« - Bon et bien je vais y aller.

Une main le retint par l’épaule, il sursauta.

-          Pas question. Je m’en voudrais de laisser un jeune élève rentrer chez lui seul dans cet état.

-          Je vais très bien ! »

 

La main le relâcha mais Harry resta à la même place, figé par les yeux d’acier à nouveau tout proches des siens. Mortellement sérieux.

« Ce que je viens de voir, c’était une crise d’anxiété. Et violente avec ça. Alors ne me dis pas que tout va bien parce que tu insultes mon intelligence. »

Pourtant, le blond se leva tout de même, avant de tendre une main au jeune homme allongé sur le gazon.

« Allez, je te ramène. Mais tu n’as pas intérêt à me refaire un stress pareil dans la voiture, parce que j’ouvre la portière et je te jette, ok ? »

Harry cligna des yeux. Etait-ce bien la même personne qui venait une seconde auparavant de le clouer sur place par sa maturité et son sang-froid, qui le menaçait maintenant de le balancer par la fenêtre de sa voiture ? Où était-elle d’ailleurs, la voiture, songea-t-il en se relevant ?

Mais il sentit bientôt que le blond n’avait pas lâché sa main, et l’entrainait joyeusement vers l’arrière du bâtiment.

 

En arrivant sur le parking, une masse rouge rutilante lui sauta aux yeux. Même sans lunettes, il pouvait reconnaître une voiture chère quand il en avait une sous les yeux. En fait, il l’avait même sous les fesses, à l’instant précis…

Le blond roulait à toute vitesse sur la petite route qui serpentait en direction du centre-ville. Décontracté, il sifflotait même un petit air en prenant les virages en épingle à cheveux.

C’était le seul bruit qui rompait le silence. Pourtant, l’atmosphère n’était pas lourde. Le silence semblait même confortable à Harry, qui se remettait lentement de sa petite "crise".

 

A sa grande surprise, la voiture stoppa soudain devant sa résidence universitaire, sans que le blond lui ait pour autant adressé la parole.

« Comment… »

« Comment j’ai eu ton adresse ? » Le jeune homme se pencha doucement vers Harry en tenant entre ses doigts sa… carte d’étudiant !  « J’ai jet un œil à ça lorsque tu étais dans les vapes… Harry Potter. »

Brusquement, le brun se saisit de sa carte, l’arrachant presque des mains du blond, avant de reculer en ouvrant la porte, balbutiant des mots sans suite.

« Hey ! »

Le jeune homme s’était éjecté de la voiture à sa suite, et venait de poser la main sur son épaule pour l’arrêter. Harry se raidit.

« Je suis désolé. Je ne voulais pas te refaire peur… »

« Je n’ai pas peur ! » La réponse était sortie avant qu’il ne puisse la retenir, et son ton même démentait les mots qu’il venait de prononcer. En réalité, Harry paniquait à nouveau. Il était fatigué, sa tête lui faisait mal. Il voulait s’enfuir et se cacher dans le premier endroit venu où il serait à l’abri, où il pourrait se laisser aller.

« Je ne sais pas pourquoi tu réagis comme ça, mais là ça commence à m’énerver ! »

« Ah oui ? Et bien commence par ne pas entrer dans l’espace personnel des gens si tu ne veux pas qu’ils… qu’ils… »

« Ecoute, je suis désolé, ok ? Je ne pensais pas que ça te mettrait dans un état pareil. Et si tu veux qu’on soit à égalité, regarde ! Je te montre la mienne-»

Et effectivement, il tendit sa carte au brun, qui la prit sans aucune délicatesse. Ses joues commençaient à brûler, il n’était pas très à l’aise avec sa propre réaction. Il savait très bien ce qui l’avait mis dans cet état. Ou plutôt, qui l’avait mis dans cet état.

 

Draco Malfoy

4ème année de mathématiques appliquées aux sciences physiques

Université de Poudlard

N° 74653982

42 Male Foy Road "Malfoy Manor"/ FT429UN/ DURNESS

 

Il leva un regard gêné vers le blond maintenant tout près, et qui semblait dégager une odeur de menthe assez inattendue. Il se demanda comment il avait pu ne pas s’en apercevoir lorsqu’il était revenu à lui.

« Alors, je suis pardonné ? »

Le jeune homme lui fit un sourire charmeur, et rit intérieurement de le voir prendre une jolie teinte rosée.

« Oui, hum je vais… y aller. »

 

Alors qu’il allait se détourner pour enfin rentrer et s’écrouler sur son lit, Harry sentit encore une fois la main de Draco sur son épaule. Il se retourna de nouveau, moins crispé pourtant, et plongea dans un regard gris mortellement sérieux. Le choc faillit le faire reculer, mais la voix du blond le coupa dans cet élan, le laissant complètement désorienté.

« Harry, je veux que tu viennes me voir si tu as encore le moindre problème à la fac. Que ce soit avec les installations… ou avec quelqu’un. C’est compris ? »

Une expression de pure perplexité se peignit sur le visage d’Harry, avant que celui-ci ne se mette à rougir furieusement.

Puis il oublia jusqu’à la couleur que prenaient ses joues lorsque les lèvres du jeune homme en face de lui se  posèrent légèrement sur les siennes. Le temps qu’Harry réalise ce qui lui arrivait, le baiser-papillon avait déjà pris fin.

Sans plus réfléchir, il repoussa le blond et s’engouffra dans le hall de sa résidence, passa les portes en verre heureusement ouvertes et contourna les boites aux lettres pour échapper au rire clair du jeune homme qui résonnait à ses oreilles.

Puis, quelques minutes plus tard, une tête brune ébouriffée risqua un coup d’œil hors de sa cachette, pour rencontrer presque aussitôt un sourire narquois et deux yeux gris plissés par l’amusement.

Harry fronça les sourcils, et une moue boudeuse vint fleurir sur ses lèvres, mais il ne disparut pas à nouveau.

Draco sembla alors se détendre, et son sourire devint plus franc, plus chaleureux, lorsqu’il lui fit un signe de la main avant de remonter dans sa voiture.

 

Et Harry songea, en regardant le véhicule s’éloigner, que finalement l’année n’avait peut-être pas si mal commencé.

Il devait juste apprendre à faire parfois confiance sans arrière-pensées.

A ne plus avoir peur…

Par Damsel Sky - Publié dans : fanfiction
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Jeudi 12 juillet 2007 4 12 /07 /2007 16:25
Les livres sont pleins de mensonges

Les contes de fées sont trop cruels

La vérité n’a rien d’un songe

Et la princesse n’est même pas belle

 

J’ai mis une robe parfumée

Sur ma nudité encore froide

Et l’eau a bien voulu purger

Tes caresses et tes baisers fades

 

Je ne bouge plus sur mes draps

De peur d’éveiller le dégoût

Que me retrouver dans tes bras

A fait renaître tout à coup

 

La prochaine fois je te quitterai

C’est ce que je m’imagine enfin

La prochaine fois je te tuerai

Mais si même je ne ressens rien ?

 

Tes yeux si verts, tes yeux de saint

Tes yeux si vides, tes yeux de chien

Je ne ris plus, je ne veux plus

Mensonges, encore, je n’en peux plus

 

Je ne veux pas l’avoir créée

Cette chimère qui m’a faite frémir

Et si j’ai bien tout inventé…

Tout à l’heure moi j’irai vomir

 

Tes caresses sont trop lentes et faibles

Je dois m’accrocher à moi-même

Pour ne pas perdre pied, si laide,

Cette vérité n’est pas la mienne

 

Moi je retiens tous mes vrais cris

Et laisse résonner les faux

C’est comme une parodie de vie

La fin d’une ère sur l’échafaud

 

Le sang coule sur la faïence blanche

Fantasme pur sur lavabo

Et cette vie que je m’arrache

Jusqu’à ce qu’il n’y ait que les os

 

Pourtant je ne veux pas me tuer

Croyez-moi, même si je fais peur

Même si je les ai tous laissés

Avec leurs sordides candeurs

 

Tes yeux immenses, tes yeux félins

Tes yeux si noirs, tes yeux, venins

Et je ris plus, je ne pleure plus

Mensonges, encore, et j’en veux plus

 

Je suis seule, c’est très bien ainsi

Ainsi plus de rôle à tenir

Plus de charme, et plus de mépris

Faire pitié me lasse pour finir

 

Maintenant s’éveille l’égoïsme

Et jeune fille aux cheveux de feu

Je veux inventer l’érotisme

Perdue dans l’ombre de mes jeux

 

Les vieux rêves, inavoués,

L’amour-haine tellement niais

Finalement ont divinisé

Ce souvenir-là pour jamais

 

Deux yeux d’onyx pleins d’idéaux

Un amour qui ne craint que sa fin

M’ont même détournée du héros

Moi je n’aspire plus qu’à demain

 

Je veux maintenant sentir ta peau

Et tant pis si ce n’est pas "bien"...

 

Par Damsel Sky - Publié dans : melting pot
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 18 juin 2007 1 18 /06 /2007 19:42

Vous pouvez salir mon esprit
Recouvrir mon corps de cendres
Vous pouvez régenter ma vie
Tout ensemble violent et tendre

 
Mais il suffira d’un peu d’eau
Pour faire renaître mon âme
Retrouver son éclat si beau
Et je me moque bien d’être infâme

 
Ma vie est morte ? Grand bien lui fasse !
Je n’ai pas pleuré pour l’avoir
Mais puisque j’ai eu cette grâce
Je ne mourrais pas pour ce soir

 
Et si vous croyez me souiller
Mon corps est là, usez-le donc
Mon esprit reste intouché
Et je n’oublierai pas mon nom

 
Mais si jamais l’envie vous prend
En plus de ma soumission
De chercher ma vie et mon sang
Au milieu d’une nuit de passion

 
Alors je ne combattrai pas
Je m’en suis bien fait le serment
Je m’éloignerai pas à pas
Battement après battement

 
Mon cœur prendra la teinte des glaces
S’il ne peut aimer librement
Ce sera mon requiescat in pace
Ma haine brûlera le firmament
 
 
 
Par Damsel Sky - Publié dans : melting pot
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 18 juin 2007 1 18 /06 /2007 18:36

Un pied dans chaque tombe

Un pied sur chaque rive

Je parsème la ronde

De couleurs trop vives

Un pied dans la honte

Un pied dans la peine

Je grappille une ombre

A chaque autre haine

 

Et si… j’étais une autre que moi

Est-ce que cela vaudrait la peine

De rire, de croire à autre chose que la haine ?

 

Un pied dans chaque tombe

Un pied sur chaque rive

Je parsème la ronde

De couleurs trop vives

Un pied dans l’abîme

Un pied dans le ciel

Un sourire sublime

Ou un arc-en-ciel…

 

Mais si… j’avais une autre que moi-même ?

Croyez-vous que je pourrais voir

La vie, et tout ce que l’on nomme réel ?

 

Un pied dans chaque tombe

Un pied sur chaque rive

Je crayonne le monde

De mes pauvres rimes

Un pied dans les livres

Un pied dans le fiel

Je veux qu’on m’enivre

Poupée éternelle

 09.04.07

A Marie, suite à une de nos discussion.

 

Par Damsel Sky - Publié dans : melting pot
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 18 juin 2007 1 18 /06 /2007 18:22

Comme un rêve apaisant, quelques notes de saxophone accompagnent joyeusement les rayons de soleil timides. Ici règne une présence qui a traversé les siècles. Des rires étouffés, un déjeuner sur l’herbe humide su parc, et des pas qui crissent doucement sur le gravier des allées.

Mais il suffit d’un rien, et le jeu se renverse. Un nuage obscurcit le ciel. Les mouettes se mettent à crier. Mon sang se glace. Je lève la tête, et reste ensorcelée par l’édifice. Les oiseaux marins semblent garder  un sanctuaire. Ils tournoient sans fins parmi dômes et tourelles. Cette forêt de pierres ornementées, travaillée jusqu’à l’absurde, pourquoi ne réussit-elle pas à être chaleureuse ?

L’on dirait qu’une barrière infranchissable sépare le palais du commun des mortels. Jamais nous n’aurons le droit de toucher ces colonnes. Jamais nous ne pourrons arpenter ces longs couloirs sans nous sentir étranger. Jamais…

Alors, pour conserver intact ce sentiment de quiétude, je me tais. Dans la lumière d’or de cet après-midi idyllique, nous pouvons sentir toute la fragilité de ce que l’on peut appeler bonheur. Nos regards complices se croisent. Pour combien de temps encore ? La menace est hors de notre portée, malheureusement.

Comme une condamnation, il faut se séparer.

Par Damsel Sky - Publié dans : melting pot
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Lundi 18 juin 2007 1 18 /06 /2007 18:20

Un jour nous serons magiciennes

Toi et moi, et vies rêvées,

L’on donnera à rêver aux autres.

Bénis soit ce futur - Il nous laisse échapper au présent !

Puisque nos idées sont des perles de lumière

A jamais conservées.

Vois-tu comme moi la fin des glaces ?

L’avenir crois en face

De nous, chaud et violent

Est rempli de couleurs, de parfums et de sons.

Il s’ouvre devant nous, non ?

 Terminale (cours) / réécriture 16.06.2007

A Amy

Par Damsel Sky - Publié dans : melting pot
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Samedi 16 juin 2007 6 16 /06 /2007 19:00

La douleur, la souffrance, on peut à la limite la supporter. 

Elle devient la confidente de nos espoirs brisés. Un peu comme un vieux pull bien chaud que l’on est content de retrouver l’hiver. 

La petite boule se cale bien profond au creux de la poitrine. Ca tire un peu, on se sent comme blessé, fragile. Elle donne envie de se dorloter, les pleurs sont si vite là. 

           La douleur donne parfois une profondeur agréable. 

Quelle jouissance de se sentir un peu plus « penseur » que d’autres. Contempler la pluie au travers de ses larmes, c’est se sentir vivant pour un instant.

Mais Lorsque cette souffrance n’a pas la possibilité de sortir ? Lorsque l’on est tellement emmuré dans le silence que les paroles prononcées sonnent faux ? 

Les gens autour de nous ne sont pas ceux que l’on souhaiterait y voir. Il faut garder son emprise sur ses nerfs, sourire surtout. Ne laissez jamais entrevoir le défaut de la cuirasse,  ou la flèche  sera décochée avant que ne retombe l’éclat de rire. 

Et la vie continue, un train à grande vitesse lancé dans une course au succès. 

Y a-t-il un sens à toute cette agitation ? 

Les personnes chères à nos cœurs semblent si loin dans le brouillard alentours. Le langage est impuissant à traduire en si peu de temps les sentiments que l’on ressent. 

Alors on se blesse, par fatigue ou par dépit.


            Et peu à peu, le piège se referme.  

Les rires véritables  se raréfient comme l’oxygène.  Les liens se distendent, l’étau se resserre, la souffrance déchire les entrailles sans jamais faire couler le sang. 

Cette torture n’a pas de sens, mais tout a de moins en moins de ce sens. 
La rive s’éloigne. 
La solitude, toujours, imprègne la moindre parcelle du bonheur restant, sale maladie vénéneuse et putride. 



On ne voit plus l’amour... Il doit pourtant être quelque part ! 

 

Par Damsel Sky - Publié dans : melting pot
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Jeudi 14 juin 2007 4 14 /06 /2007 18:50

Je voudrais savoir pourquoi tout va mal. Pourquoi quand je sens venir le bonheur, un coup de poignard me ramène toujours plus bas que terre, plus bas que cette terre qui me servira de tombe un jour prochain.

 

Je voudrais savoir pourquoi les hommes me blessent, comme un oiseau pris dans un filet de barbelés, qui sent son sang goutter sur ses belles plumes blanches. Chaque alter ego, chaque humain que je rencontre semble incapable de m’approcher sans me meurtrir de leurs stupides croyances et de leur infinie satisfaction.

 



Je voudrais savoir pourquoi tant de questions résonnent encore et encore dans mon esprit épuisé, quand le soleil se lève sur les vestiges d’une nuit brisée. Je pleure de me sentir si seule, incomplète et avide de ce que personne ne peut me donner.



Je voudrais savoir, mais mes questions résonnent seules dans la pénombre glacée.

Première / réécriture le 18.06.2007

Par Damsel Sky - Publié dans : melting pot
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Lundi 11 juin 2007 1 11 /06 /2007 22:51
Larmes de loup
Catégorie : Fanfiction (Harry Potter, J.K. Rowling)
=>songfic: "The Werewolf Song" Chan Marshall (Michael Hurley)
Rating : K
Résumé : Une idée de comment les maraudeurs ont découvert le secret de Rémus?
Moi je sais! Sirius n'aurait pas dû se promener tout seul cette nuitlà...

~o0O0o~

 

Oh the werewolf, oh the werewolf

 

Le jeune Sirius Black, héritier de la noble lignée des Black de Grande-Bretagne, se trouvait (encore) hors de son lit à une heure que certains auraient considérée comme indue. Il devait être quatre ou cinq heures du matin, par-ci par-là. En fait, Sirius s’en fichait complètement. Il avait envie de se balader, un point c’est tout.

 

Bon d’accord, il avait une insomnie, ça arrivait à tout le monde non ? Le jeune homme soupira en descendant un escalier sombre. Pour la première fois depuis qu’il était à Poudlard, son dortoir ne lui avait pas paru rassurant lorsqu’il s’était réveillé en sursaut une demi-heure plus tôt. Ses meilleurs amis lui avaient parus tellement lointains, et il se sentait si seul dans son grand lit à baldaquins pendant que Peter ronflait comme un bienheureux et que James se retournait dans ses draps en marmonnant le nom de Lily Evans. Le quatrième et dernier lit de la pièce était vide, laissant à Sirius une étrange sensation au creux de l’estomac.

 

Rémus est encore malade, songea-t-il en inspectant un angle de mur, Pomfresh devrait vraiment se débrouiller pour trouver ce qu’il a, ça commence à me saouler.

 

La voie étant libre, il s’avança dans le couloir en plissant les yeux. La lumière de la lune entrait à flot par les larges fenêtres. Sans réfléchir, Sirius s’approcha d’une vitre et scruta l’extérieur du château.

 

Comes stepping along

 

Le parc était semblable à une photographie en noir et blanc -ou plutôt en nuances de gris rectifia-t-il avec un sourire. Une photo présentant une texture magique sous les rayons de lune brillants.

Tiens, la lune est pleine ?

Le brun rebaissa les yeux sur les douces pelouses du parc, les buissons presque vivants et les arbres vénérables…

 

Brusquement il décida que ce jour -ou plutôt cette nuit- était le bon pour explorer une partie de l’école encore assez méconnue de lui : le ‘jardin sauvage’ de Poudlard… la forêt interdite.

               

Bien sûr il ne comptait pas aller bien loin (enfin tout est relatif). Il n’avait pas envie de tomber sur une bande de centaures armés jusqu’aux dents ou un troll des bois en vadrouille. Mais bon, il était assez grand pour se débrouiller tout seul, pensa-t-il en franchissant déjà les premiers arbres. Et puis cela valait le coup rien que pour la tête que tireraient ses amis en apprenant qu’il y était allé EN PLEINE NUIT, et SEUL !

 

James serait jaloux, bien sûr, Peter admiratif et Rémus… Le pauvre serait terrifié pour lui, rétrospectivement. Ses yeux dorés s’assombriraient avant qu’il ne lui hurle dessus en le traitant d’inconscient, ce à quoi il répondrait par un « Ben quoi, Rém’ tu t’inquiète pour moi ? » qui ne manquerait pas de faire rougir le pâle jeune homme. Sirius eut un petit rire…

Qui mourut sur ses lèvres lorsqu’il entendit les cris : De longs crescendos inarticulés qui réveillèrent en lui une peur primitive, lancinante. Il se figea tandis qu’une seule pensée cohérente se frayait un passage dans son petit cerveau. Il n’y a plus de loups en Ecosse, ma main à couper qu’il n’y a plus de loups en Ecosse !  Alors Bon dieu qu’est-ce que c’est que ce truc ? Puis quelque chose en lui parvint à additionner deux et deux, et il entendit un pitoyable petit cri sortir de sa poitrine.

 

Les hurlements du loup-garou tout proche cessèrent brutalement. Ça y était, il était repéré.

 

He doesn’t even break the branches when he’s gone.

 

Sirius tenta bien de retourner doucement, tout doucement, sur ses pas, mais son pied se prit dans une ronce et il bascula en arrière, atterrissant durement sur le dos. Il entendit alors avec horreur la bête se mettre en mouvement, comme si elle avait repéré quelque chose d’intéressant… ou de comestible.

Par pitié Merlin, faites que ça ne soit pas moi ! Je veux pas mourir si jeune, je veux paaaaaas !!

 

En un éclair Sirius fut debout, grimaçant de douleur car en se relevant il s’était profondément écorché les mains sur les épines jonchant le sol. Il sentit quelque chose d’humide glisser le long de ses doigts. Mais il n’avait pas le temps de réfléchir à ça s’il voulait sauver sa peau. Alors, comme un parfait membre de la très courageuse maison des Gryffondors, le jeune homme se mit à courir comme un dératé.

 

Derrière lui retenti bientôt le bruit caractéristique de quatre pattes foulant le sol, et d’une respiration cadencée. Sirius paniqua. La bête semblait éviter aisément tous les obstacles qui ralentissaient le jeune homme. Il perdait inexorablement du terrain et, sans le vouloir, s’enfonçait de plus en plus au cœur de la forêt interdite.

 

Once I saw him, in the moonlight, when the bats were a flying

 

Sirius vit enfin le rideau des arbres se clairsemer et un fol espoir lui fit parcourir les derniers mètres. Puis il sentit son estomac se retourner.

Devant ses yeux, là où aurait dû logiquement se trouver la cabane de Hagrid, se dressait une paroi rocheuse.

Le jeune homme s’en approcha, la respiration saccadée, afin de constater l’horreur de ses propres yeux. Il posa ses paumes ensanglantées sur la roche lisse, bien trop lisse pour qu’il espère l’escalader. IL était fait comme un rat.

               

Alors il se retourna pour au moins regarder dans les yeux la bête qui allait sans aucun doute le saigner à blanc. Il tremblait comme un feuille.

Des chauves-souris s’envolèrent d’une anfractuosité de la roche, Sirius ne put pas s’empêcher de les admirer s’envoler dans les derniers rayons de lune. Et lorsqu’il regarda enfin en face de lui, il était là. Mais le choc ne fut pas  celui qu’il attendait.

 

I saw the werewolf, and the werewolf was crying

 

Bien sûr, le loup-garou ressemblait à un monstre, à un hybride d’animal et d’humain. Sa vue fit se contracter l’estomac de Sirius, mais il n’y avait pas que ça !

Sa poitrine se serra comme dans un étau lorsqu’il plongea le regard dans de magnifiques prunelles d’or. Une couleur qu’il connaissait si bien…

 

Le jeune homme brun tomba à genoux, sans pour autant cesser de fixer les yeux du loup-garou, qui brillèrent quand ils se remplirent de larmes.

 

La bête remua a violemment la tête, comme en proie à une douleur insoutenable, avant de la rejeter en arrière pour pousser un hurlement inhumain. Toute la peine du monde semblait se donner rendez-vous dans ce cri de souffrance pure. Douleur physique de cette transformation contre-nature, et  la douleur morale, insoutenable, de se voir réduit à n’être plus qu’une bête.

 

Enfin, avec un gémissement qui n’avait plus rien de bestial, le loup garou s’écroula sur le sol. Sirius leva les yeux. Les premiers rayons de l’aube perçaient enfin le brouillard. A ses pieds, le corps se tordait sous la souffrance. Le brun le fixa sans détourner les yeux, il voulait savoir, cette angoisse qui lui tordait le ventre n’avait plus rien à voir avec celle qu’il avait ressenti un instant auparavant quant à sa propre survie. Alors il garda les yeux ouverts, douloureusement écarquillés.

 

Cryin’ nobody knows, nobody knows, body knows

 

Et lorsque Sirius se rendit compte qu’il ne rêvait pas, il eut envie de s'évanouir, de hurler, de pleurer et de vomir à la fois.

Il eut envie de partir très loin.

 

How I loved the man, as I teared off his clothes

 

Il se pencha doucement sur le corps de son ami, guettant le bruit de sa respiration. Les yeux de Rémus papillonnaient, des larmes continuaient de s’en échapper et le brun se demanda si c’était bien pour lui qu’il pleurait. C’est à ce moment qu’il se rendit compte que lui aussi avait la vue étrangement brouillée. Dans la lumière rosée du petit matin, il toucha les perles qui dévalaient ses joues sans qu'il arrive à les retenir.

  

 

Cryin’ nobody knows, nobody knows my pain

 

Combien de nuits… combien de souffrances, combien de cris ? Comment avaient-ils pu ne pas s’en apercevoir ? Alors que leur ami subissait cette horreur pleine lune après pleine lune.

 

Il ne voulait pas chercher à comprendre. Il avait vraiment envie de vomir.

 

When I see that it's risen, that fool moon again

 

Sirius tendit les bras et les referma sur le corps de Rémus. Ses doigts se crispèrent sur ses cheveux cendrés, jouèrent avec un long moment avant qu’il ne réussisse à reprendre une respiration normale. Les sanglots lui comprimaient la gorge, la honte et le dégoût dansaient une sarabande infernale dans son ventre.

Comment avait-il pu…

 

For the werewolf, for the werewolf has sympathy

For the werewolf, somebody like you and me

 

Après toutes ces blagues puériles, ces jeux ne visant qu’à le faire sortir de ses gonds, ces étreintes trop brèves sous couvert d’une plaisanterie. Alors qu’il ne rêvait que d’une chose, même s’il avait mis un temps particulièrement long avant de se l’avouer…

 

Il comprenait maintenant, il comprenait tout.

La pâleur maladive, les sourires toujours un peu triste, les silences gênés devant certaines de ses blagues, les absences inexpliquées, les vêtements parfois déchirés qu'il retrouvait dans la poubelle.

Le silence.

Le mur qu'il érigeait autour de lui, et que Sirius ne savait jamais comment briser.

 

And only he goes to me, man this little flute I play

 

Il se releva avec difficulté, tout son corps lui faisait mal et son estomac se rebellait toujours. Mais il essuya ses larmes sur sa manche sans lâcher son fardeau.

Le jour se levait lentement alors qu'il reprenait la direction du château. Il allait emmener Rémus dans une salle qu'il connaissait. Personne ne les dérangerais, le jeune homme n'aurait pas à endurer les questions indiscrètes de leurs camarades. Oui, il allait couvrir les absences de Rémus à partir de maintenant, l'aider à sa façon.

Et peut-être qu'un jour celui-ci oublierait d'ériger ses protections avec lui.

 

All through the night, until the light of day, and we are doomed to play.

 

Sirius marcha longtemps, pleurant et suant. Il trébucha plusieurs fois sur des racines et ses genoux furent bientôt en sang eux aussi.

Il pensa un instant qu'il était en train d'expier son aveuglement, et étrangement cette pensée lui fit du bien.

 

Il s'arrêta seulement lorsqu'ils arrivèrent à la lisière de la forêt. Le jour était levé, mais ils étaient les seuls à en avoir conscience à des kilomètres à la ronde.

Il se laissa tomber contre le tronc d'un chêne, serrant le corps de Rémus. Et il le regarda longtemps.

C'était idiot, mais même couvert de terre et de brindilles, il ressemblait encore à un angelot. Ses cheveux de miel étaient toujours aussi beaux. C'était la première chose qu'il avait remarquée chez lui…

 

Sans qu'il ne réalise vraiment ce qu'il faisait, il se pencha et ses lèvres entrèrent en contact avec celles du jeune homme endormi. Aussitôt, il recula la tête. Puis il fixa à nouveau le visage apaisé un long moment, avant de recommencer. Sa bouche resta cette fois-ci plus longtemps  sur celle du blond et il perdit un instant le sens de la réalité.

 

Il ne remarqua donc pas que deux yeux dorés s'étaient ouverts et fixaient le ciel un court instant. Lorsqu'il releva le visage, il ne vit qu'une ombre de sourire jouer un instant sur les traits pâles. Et il resta longtemps à le regarder.

 

For the werewolf, for the werewolf has sympathy

For the werewolf, somebody like you and me

                                                                                                               Fin

Par Damsel Sky - Publié dans : fanfiction
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Dimanche 27 mai 2007 7 27 /05 /2007 00:56

Quelque chose d'(un) inconnu
Catégorie : fiction originale
Rating : T
Résumé : Andréa en était au point où elle aurait prié pour que l'inspiration revienne!
Mais peut-être manquait-il seulement une pièce du puzzle? quelque chose... ou quelqu'un !

~o0O0o~

Malgré la fenêtre ouverte sur le ciel obscur, la pièce restait obstinément étouffante. L'air du soir de la Méditerranée aurait normalement dû rafraîchir la petite chambre, mais sous les combles, la chaleur accumulée pendant la journée stagnait comme une chape de brouillard chaud et écœurant.
 

Avec un soupir, Andréa baissa les yeux de son écran d'ordinateur. Elle laissa sa tête retomber vers l'avant, comme si l'on avait coupé le fil invisible qui la maintenait droite. Un craquement atroce retentit aussitôt et la jeune fille tomba en avant, le visage sur son clavier, se mordant la langue pour ne pas crier sous la douleur qui lui déchirait la nuque et les épaules. 

Evitant de justesse le coin du bureau, elle se laissa glisser par terre, rencontrant la moquette tiède qui la fit grimacer. Et elle resta ainsi pendant de longues minutes, se massant le cou en maugréant et pensant vaguement que ce serait meilleur si quelqu'un le faisait à sa place. 

Mais refusant de laisser ce genre de pensées s'évader des brumes de son inconscient, la jeune femme prit son courage à deux mains pour se hisser sur les coudes et attraper sa traîtresse de chaise à roulettes et se relever sans se planter. Pas qu'elle ait fait vœu de silence, mais la vieille tante de son père apprécierait sans doute moyennement d'être réveillée par un tremblement d'appartement à… Quelle heure était-il déjà? Trois, quatre heures du mat' peut-être. 

Surtout que la vieille dame était siiiiiiiii gentille de lui laisser ce réduit - le seul qu'elle ne pouvait pas louer sans doute, vu son état de délabrement - afin qu'elle puisse oublier pour deux semaines la vie stressante de sa banlieue parisienne et son éditeur tout aussi stressant. Elle avait pensé que la douce ambiance des nuits italiennes lui redonnerait un petit coup de fouet pour terminer son recueil de poèmes. C'était sans compter la canicule, l'appart minable qui sentait le moisi et la vieille tante aigrie qui n'avait de cesse de lui faire faire le tour de tous les cimetières où reposait un lointain ancêtre.



Résultat, à trois jours de son retour en France, Il lui manquait encore quelques textes à montrer à sa seigneurie, et la tension montait croissant avec la température.



Andréa se traîna jusqu'au mini frigo - même pas assez grand pour qu'elle puisse s'y enfermer et hiberner jusqu'à ce que son éditeur et ses créanciers l'oublient - et en retira une canette de bière. Elle parvint ensuite, se traînant toujours autant, jusqu'à la fenêtre béante où elle s'assit. Un instant l'idée que quelqu'un puisse la voir l'effleura, vite chassée par la fatigue et les bouffées qu'elle tirait d'une bienfaisante cigarette. Et elle n'avait aucun scrupule à se balader en petite culotte au dessus des toits de la ville endormie. La chaleur était insupportable, si un noctambule pervers en profitait pour se rincer l'œil, grand bien lui fasse!



En temps normal, la jeune fille ne fumait pas, ne buvait pas, ne se promenait pas non plus presque nue à sa fenêtre. Mais rien n'était normal depuis des jours. Andréa n'avait pas dormi depuis plus de vingt heures. Elle avait mal au cou, au dos, à la tête, elle pensait avoir fait tous les sacrifices nécessaires au dieu des poètes, s'il y en avait un. A ce stade, elle commençait à se dire qu'Apollon était en train de s'envoyer en l'air avec les muses au grand complet et la laissait seule et désespérée devant un vieil ordi brûlant.



L'inspiration ne venait pas.



Oh bien sûr, malgré ce qu'elle s'inventait comme excuses, sa conscience la forçait à reconnaître que ce n'était pas juste la chaleur et la vieille peau du dessous qui la "bloquaient" au point qu'elle se demande comment elle avait un jour pu écrire autre chose que des vers de collégienne.



Andréa avait du talent, des gens qui savaient de quoi ils parlaient le lui avaient affirmé, mais cette petite renommée qu'elle commençait à s'acquérir avait un revers: à vingt-cinq ans, elle se retrouvait trop jeune et seule au milieu d'un abîme de terreurs et épreuves diverses et variées. Cela allait de la peur de dire un mot en public lorsqu'on lui remettait un prix, à l'hystérie de son éditeur, des remarques cruelles d'un critique à la galère pour boucler ses fins de mois. Au milieu de tout cela, son inspiration se recroquevillait comme un bout de plastique jeté au feu.



Et puis il y avait ça.
 



Cette chose qu'une "amie d'amie d’ami d’ami" lui avait dite à une soirée deux mois auparavant…



Ce truc qui lui faisait tourner le cerveau en eau de boudin et la mettait sur les nerfs, à cause duquel elle n'avait plus rien sorti de bon depuis tout ce temps.



Une petite phrase toute simple, vraiment.



"Maiheus, si je puis me permettrhen, pourquoi n'écrivez-vous pas de poèmes d'amûr"



Pétasse.



Pétasse.Pétasse.Pétasse.Pétasse.Pétasse.Pétasse.Pétasse.Pétasse.Pétasse.Pétasse.Pétasse.
Pétasse.Pétasseuh!!!!!!!!



"Alors voyons… Pourquoi est-ce que je n'écris pas de poèmes d'amour?



Cherchons bien…



Peut-être parce que:
 

 

1.      Ma dernière expérience d'une relation amoureuse remonte à trois ans déjà, qu'elle a duré moins d'un an à l'époque et s'est conclue par un désastre tel que personne n'en a jamais rêvé. 

 

2.      Parce qu'avant elle, je n'ai eu que des amourettes de lycée qui ne sont jamais allées plus loin que le french kiss. 

3.      Qu'en gros, du plus loin que je me souvienne je n'ai JAMAIS été amoureuse, jamais été attirée par le bon gars - genre celui qui aurait aussi été attiré par moi - j'ai même jamais eu un seul orgasme à vingt-cinq ans, c'est pas normal ! 

 

4.      " 

 

Un instant Andréa songea à se laisser tomber du mauvais côté du rebord de la fenêtre. 

 

Okay, okay, mieux valait éviter de repartir dans ce genre de délire pseudo existentialiste, trop déprimant. Mieux valait… regarder les étoiles, oui c'est ça. Les magnifiques étoiles, qui pourraient donner à un honnête poète une envie folle de les comparer aux yeux de l'être aimé… s'il y en avait eu un… STOP!



C'est là qu'elle sentit une main se poser sur son épaule.



"Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhh!!!!!!!!!!!!!!!!"



Elle fit un bond d'au moins trois mètres, ce qui l'amena juste au bon endroit pour se cogner les deux tibias sur le lit en fer et hurler une deuxième fois, mais de douleur.



Elle se retourna tout de même le plus rapidement qu'elle put et resta un instant bouche bée.



Apollon avait entendu ses prières.



Parce que devant elle se tenait le plus beau spécimen de mâle qu'il lui ait été donné de voir, même dans des magazines. Grand, mais pas trop. Musclé, point trop n'en faut. Bronzé, juste comme il faut.



Des iris noirs à en donner le vertige, une cascade de boucles sombres descendant en vagues jusqu'aux épaules.



Andréa cligna des yeux.



Le bel éphèbe entreprit alors d'avancer jusqu'à elle et quelque chose se connecta tout de même dans sa tête. Elle cria en reculant et tomba à la renverse sur le matelas.



En un instant, le jeune homme fut sur elle chuchotant en italien des mots rassurants. Sans savoir pourquoi, Andréa interrompit ses cris et une bouche s'emparant de la sienne acheva de la faire taire.



Après il y avait un blanc dans sa mémoire. Nom de dieu on ne l'avait JAMAIS embrassée comme ça! La langue de l'inconnu arrivait à la faire frissonner juste en passant sur ses lèvres et à l'intérieur de sa bouche. Elle répondit au baiser en oubliant tout autour d'elle. Elle l'aurait embrassé pendant des heures… Et peut-être qu'elle l'avait fait d'ailleurs, elle ne savait plus trop.



Mais il n'y eut pas qu'un baiser. Tout devenait flou pour Andréa, le manque de sommeil et l'alcool conspiraient pour lui embrouiller les sens. Certains instants prenaient la couleur dorée et la sensation d'irréalité des rêves, tandis que d'autres s'imposaient à elle comme gravés au fer rouge.



Elle qui n'avait jamais été très à l'aise avec son corps - point trop horrible au demeurant - avait tourné sur elle-même, guidée par les mains et les yeux de l'inconnu qui la caressaient, jusqu'à en avoir le tournis.



Dans la chaleur étouffante, elle avait fait l'amour entravée délicatement par les draps du lit. Et elle avait bougé comme jamais, puisqu'elle aurait dû rester immobile.



Et, bien plus tard, il y avait eu le corps de l'homme en dessous du sien, à même le sol. Et elle s'était sentie tellement puissante en cet instant.



Elle se souvenait aussi de son goût, alors qu'elle apprenait par cœur les moindres détails de sa peau et de ses lèvres avec sa langue, blottie dans le lit sous les rayons rosés du petit matin.
 

***


Avec un soupir à moitié amusé, la jeune femme se releva de la valise sur laquelle elle venait de s'asseoir afin de la boucler. Elle avait vraiment eu trop de choses en tête ces derniers jours pour prendre le temps de plier tous ses vêtements sales.
 

 

Elle fit machinalement le tour de la pièce afin de vérifier si elle n'avait rien oublié. Dans un instant le taxi viendrait la prendre et d'ici quelques heures elle serait de retour dans son minuscule appartement parisien.



Avec dans la poche intérieure de sa veste une copie sur CD de ce qu'elle avait écrit ces derniers jours.



Le mystérieux inconnu avait déjà disparu lorsqu'elle s'était réveillée. Il ne restait rien qui puisse lui indiquer son identité, ou si elle le reverrait un jour.



Le premier matin, elle était restée prostrée dans les draps sales, qui portaient encore leurs odeurs mélangées. Elle avait regardé le soleil monter dans le ciel, puis décliner lentement, sans faire le moindre geste pour se nourrir. Elle réfléchissait, ou rêvait, comme cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps.



Le second matin, elle s'était réveillée fraîche comme une rose. Après une douche rapide elle avait enfilé un débardeur orange vif et une jupe blanche qui faisait ressortir son bronzage. Elle avait passé la journée à faire du shopping en mangeant tout ce qui lui tombait sous les yeux: glaces, gaufres, sucettes pleines de colorants pour gamins braillards.



Revenue exténuée le soir, elle avait tout de même tenu à passer la soirée avec la vieille tante. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, la vieille dame était réellement fascinante lorsqu'elle se mettait à raconter les histoires de sa jeunesse. Andréa avait ri comme elle ne l'avait pas fait depuis des mois, en entendant le récit des bêtises de son père quand il avait huit ans.



Le troisième jour, elle s'était assise à l'ordinateur et avait jeté sur le clavier tout ce qui tournait dans sa tête. Il lui avait fallu presque cinq heures, et elle était ensuite sortie sans se relire pour aller dîner seule sur la jetée.



En rentrant, elle avait tout retravaillé. Et même si ce n'était pas parfait, elle se sentait beaucoup plus détendue maintenant qu'elle pouvait sans mentir répondre qu'elle avait bientôt fini son recueil. Elle savait au moins maintenant où elle allait, et il y aurait beaucoup de choses à modifier. Et tant pis s'il n'arrivait pas assez vite au goût de certains, ils n'auraient qu'à aller se faire foutre.



Parce qu'elle n'était pas une machine.



Parce que depuis quelques jours, elle réalisait qu'elle était surtout une femme, aussi cliché que cela puisse paraître.



En attrapant son sac sur le lit, Andréa remarqua quelque chose de blanc qui semblait dépasser de sous la porte. Elle avança doucement, et un sourire fleurit sur ses lèvres au fur et à mesure qu'elle se rapprochait.



Dans un geste élégant, elle tira l'enveloppe coincée sous le battant. Elle l'ouvrit doucement, comme pour faire durer le plaisir de l'instant. A l'intérieur, un numéro de téléphone était écrit directement sur le papier, ainsi que quelques mots en italien.



Appelle-moi quand tu reviendras

Sans signature, à quoi cela aurait-il servi vu qu'ils ne se connaissaient pas encore?

Elle retourna l'enveloppe et quelque chose de brillant tomba au creux de sa paume. Un clou d'argent, orné d'un minuscule diamant d'un noir d'encre. Comme ses yeux.

Et elle rougit en repensant à cette nuit-là. Il devait se souvenir de la façon dont elle avait mordillé le lobe de son oreille, orné du piercing, pendant des heures.

Le sourire d'Andréa s'élargit. Elle commençait déjà à tourner et retourner dans sa tête les mots écrits sur le papier, le pourquoi de ce cadeau. Dans sa tête, elle apprivoisait déjà son inconnu.

Tout commencerait pour de vrai quand elle reviendrait ici.

Enfin, c'était elle qui verrait si elle décidait de revenir, d'abord!

Mais on ne ment pas à sa muse. Lui savait déjà qu'elle reviendrait.

Et la porte de l'appartement se referma avec un claquement joyeux alors que la jeune femme dévalait les escaliers, sa valise à la main.

 

fin

Par Damsel Sky - Publié dans : fiction originale
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    

Présentation

  • : Ma bilbiothèque informelle
  • Ma bilbiothèque informelle
  • : fanfiction fiction originale Culture
  • : Ce blog réunit la plupart des textes publiés au hasard du net, ou qui n'auraient justement pas eu cette chance car ils ne rentrent pas forcément dans les cases des sites d'écriture. Je vous invite à venir passer un agréable moment dans cette minuscule bibliothèque. N'oubliez pas de parler doucement et surtout refermez bien la porte en partant... Les commentaires sont toujours pris avec bonne humeur, si ce n'est au douzième degré, donc n'hésitez pas à m'en laisser! Enormes Bisous, Sky
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Catégories

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus